« Fer » : une réponse artistique à la violence sociale

Même les arbres en parlent encore. Encore plus aujourd’hui où la guerre au NOSO ( Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun) n’a malheureusement pas encore été livré sa copie.

Un dimanche d’octobre 2020, le Cameroun s’est réveillé sous le choc d’un événement tragique : des hommes armés ont attaqué une école de Fiango à Kumba, tuant 6 enfants et en blessant 15 autres. Cette nouvelle qui enveloppé le pays tout entier d’un nuage d’une brume épaisse, a eu un impact profond sur Guy Rostan Kambou, alors étudiant à l’Institut des Beaux-Arts de Foumban. Deux ans plus tard, incapable de ressasser plus avant les images de cette scène inhumaine, il a décidé de transformer sa douleur en art, créant une œuvre en trois dimensions intitulée « Fer ».

Fer, Guy Rostan Kambou, 2022

Dans cette pièce sculptée, Kambou représente une table aux pieds en fer, un cahier et un stylo transpercés de clous, avec une déchirure sur le rebord du cahier. Cette œuvre puissante prend prétexte sur la tragédie de Kumba pour traduire la violence qui règne dans les environnements scolaires en temps de guerre. L’artiste matérialise un univers scolaire rigueur, où le danger tout le temps présent met en péril l’harmonie et l’attractivité qui devraient caractériser tout lieu d’apprentissage, surtout dédié aux enfants.
Il appelle à un rassemblement autour d’une table pour repenser la vérité de l’école et la réalité des campus de plus en plus criminogènes.

En utilisant le fer, matériau aux propriétés magnétiques, Kambou lance un appel à la synergie pour contrer la violence et les massacres.

« Fer » est une œuvre qui invite à réfléchir sur la nécessité de protéger les enfants et les lieux d’apprentissage, et à trouver des solutions pour mettre fin à la violence. Fer porte une énergie, vibre au rythme de la synergie et milite pour la fin de la cacophonie.

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