
Devant un parterre d’invités issus du monde artistique, culturel, traditionnel et diplomatique, le Ministre de la décentralisation et du développement local du Cameroun, Georges Elanga Obama, a procédé le 13 décembre 2024 à Bamougoum, à la pose de la première pierre de l’édifice qui accueillera la Cité Internationale du Patrimoine, des Industries Culturelles et Créatives.

Ce projet d’envergure qui vient s’ajouter à d’autres réalisations de la route des chefferies comme la construction du musée des civilisations à Dschang, la construction des cases patrimoniales ou encore l’exposition sur la route des chefferies du Cameroun tenue en 2022 au musée du quai Branly à Paris, est à appréhender comme une avancée majeure dans la mission de préservation, de conservation et de valorisation du patrimoine culturel chère à l’organisation. Dans l’ensemble, ce centre est un « Cluster touristique, un cluster du patrimoine et un cluster culturel où on [retrouvera] le bâtiment siège de la route des chefferies avec une cinquantaine de salariés, une bibliothèque, une médiathèque, des salles d’exposition dans le bâtiment pour lequel on [a posé] la première pierre et qui est soutenu par l’AFD. En second, il y a ce centre de formation qui a déjà été construit et inauguré l’année dernière par le ministre de la décentralisation et du développement local camerounais en présence de l’Ambassadeur de France. Après, il y aura le laboratoire de conservation et de restauration… » précise l’architecte et urbaniste camerounais, Sylvain Djache Nzefa, coordonnateur de la Route des Chefferies.

Il poursuit en précisant que les « Grass Fields ont environ un million d’objets, et nous voulons mettre ici un laboratoire international de restauration et de conservation qui sera doté d’une réserve d’objets ». Au chapitre des objets, on notera que » beaucoup de nos objets sont à l’extérieur, plus de 200 000… donc on espère les récupérer ». Ainsi, ce cluster culturel est destiné à accueillir certains de ces objets rapatriés. L’ouvrage terminé comprendra aussi une salle de théâtre, une salle polyvalente pour les spectacles ( une sorte de mini palais de Congrès ) ainsi qu’un mini lac, des aires de jeux pour enfants, des aires de sport pour adultes, une résidence pour accueillir les apprenants et les artistes et des espaces pour accueillir des rodés.

Pour le roi des Bamougoum, SM MOUMBE FOTSO, dont les terres abritent l’ouvrage : « C’est un grand projet pour le développement de Bamougoum et de la région de l’Ouest en général. Bamougoum va bénéficier d’une structure de plus en son sein. La cité internationale du patrimoine et des industries culturelles et créatives va permettre à Bamougoum, à la région de l’Ouest, à la culture et au patrimoine de rayonner davantage ; mais il y a aussi qu’elle est un moyen de diminuer le chômage à Bamougoum, de mieux valoriser nos valeurs culturelles. »

Mme Virginie DAGO, directrice de l’AFD Cameroun, voit en la pose de la première pierre la concrétisation de l’adoption du projet par son organisme: « On pose la première pierre d’un bâtiment mais au-delà de cet acte physique, on est là pour accompagner une vision. Et cette vision, c’est celle de l’accompagnement de la culture camerounaise. Aujourd’hui on est à l’Ouest parce que c’est à l’Ouest que ça a commencé et il faut bien commencer quelque part. Mais on soutient le fait que c’est la culture de tout le pays qui rayonne à travers ce programme. Donc on pense aux peuples de la forêt [Fang Beti], à l’aire culturelle soudano-sahélienne, à la culture Sawa et à celle des Grass Fields. Faire rayonner la culture ici vise aussi à développer le tourisme parce que ce sera source de revenus et source d’emploi, mais aussi un moyen de soutenir la mémoire et la culture parce que c’est important pour tout le monde de préserver ces acquis traditionnels. »

Le Ministre Elanga Obam fait du geste une lecture futuriste. « C’est toujours très bien quand on promeut la culture de son pays. Cela permet que l’on sache quelle est son histoire, cela permet d’être enraciné sur son territoire. Et lorsque je vois ce qui est en préparation ici, c’est un édifice qui va abriter un certain nombre d’infrastructures qui sont de nature à promouvoir la culture ici. C’est un domaine sur lequel on n’insiste pas souvent assez : les objets de notre tradition, ceux qui en sont les auteurs, ceux qui en sont les promoteurs, n’ont pas de visibilité. Mais avec ce projet je crois qu’il existera un endroit, à tout le moins pour l’aire culturelle Grass Fields, où on pourra venir voir ce que sont nos traditions, ce qu’est notre culture. Je voudrais remercier ceux qui sont à l’origine de cette idée, remercier ceux qui contribuent à la rendre visible, ceux qui contribuent à la financer. Je souhaite simplement que cela serve de point d’ancrage à notre jeunesse notamment, pour qu’elle sache d’où elle vient, et de sorte qu’elle puisse savoir où elle veut aller. Je voudrais remercier les chefs traditionnels pour le don qu’ils font des biens culturels qui sont les leurs et qu’ils mettent à la disposition de la nation. Je souhaite simplement que ce qui a commencé ici, essaime dans tout le pays pour que l’ensemble de notre pays, bénéficie d’équipements comme celui-ci et que toutes les cultures de notre pays, soient rendues visibles. »

Cette cérémonie qui aura connu une forte mobilisation des chefs traditionnels du centre, Sud, Nord Ouest et Ouest, a également compté par les invités deux illustres artistes et promoteurs Culturel à savoir de Barthelemy Toguo, promoteur du musée d’art contemporain Bandjoun Station et Kouam Tawa, promoteur du La’akam.

Le rendez-vous est pris pour l’année 2025 pour l’inauguration de l’édifice.
Preston Kambou
Ensemble, faisons briller les étincelles




