Centre d’écoute pilote du Lamidat de Mokolo : l’espoir renaît progressivement

Malgré les difficultés, ces femmes ont pu et su se relever, résilientes plus que tout et déterminées à écrire une autre page de leur histoire et de celle du monde

Au Centre d’écoute pilote du Lamidat de Mokolo ce matin, l’atmosphère respire la complicité et l’espoir. Dans la salle, formatrices et apprenantes s’affairent côte à côte, avec ce sourire retrouvé qui masque plutôt bien les blessures du passé. Ici, chacune porte une histoire marquée par la douleur, mais surtout par la force de la résilience.

Ces femmes, autrefois victimes de violences conjugales, psychologiques ou communautaires, reconstruisent peu à peu leur dignité. Leur énergie, portée par la volonté d’écrire une nouvelle page de leur vie, illustre une détermination sans faille.

Derrière ce processus de guérison se trouvent les mains solidaires de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes et filles (ALVFF-EN) dont le point focal Madame Gisèle Assen continue de veiller au grain, et l’appui institutionnel du Lamidat de Mokolo, dont le Lamido, SM Yacouba Mohamadou Mourtalla se positionne comme un inconditionnel du social. Plus qu’un centre d’écoute, cet espace est devenu une véritable maison de la femme et de la jeune fille, un sanctuaire où renaissent l’estime de soi, la confiance et le rêve d’un avenir meilleur.

SM Yacouba président une réunion dans un autre centre humanitaire ( ici lié à la santé)


Awa, l’une des formatrices, elle-même victime d’un mariage malheureux s’exprime  » Ici , c’est le lieu où les femmes comme nous peuvent parler sans avoir peur. On se retrouve entre nous et chacun dit sa part de problème et ensemble on essaie de trouver des solutions. Depuis que je suis là, j’apprends aussi, j’enseigne ce que je sais et je peux gagner un peu d’argent pour m’occuper des enfants que mon mari m’a abandonnés. » Dans sa voix, plus d’assurance que de plainte. Elle est déterminée à écrire une page nouvelle d’une vie que son entourage disait vouée à l’échec.

Créé en décembre 2024, le centre accompagne aujourd’hui plus de cinquante survivantes de violences de toutes natures. Séances d’écoute, formations pratiques, soutien psychologique et accompagnement social s’y entremêlent pour offrir une réponse globale aux besoins de ces femmes et filles.

Les défis restent pourtant nombreux : manque de financements, besoins logistiques … Mais la dynamique enclenchée porte déjà ses fruits : des vies se relèvent, des parcours reprennent, et une communauté apprend à transformer la douleur en force collective.

Preston Kambou

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