
Le 27 mai 2025, les producteurs de Mbing, dans la commune de Fongo Tongo, département de la Menoua, région de l’Ouest du Cameroun, ont officiellement rejoint le Projet d’appui à la restauration des zones dégradées, porté par le CPF de Bandjoun, avec l’appui de la GIZ et de la coopération allemande. Dans une atmosphère de mobilisation collective, les producteurs de Mbing ont signé la convention d’engagement, marquant une nouvelle étape dans la lutte contre la dégradation des terres dans la commune de Fongo Tongo.

Cette journée s’inscrit dans le prolongement d’un projet lancé en novembre 2024, visant à restaurer les écosystèmes locaux tout en promouvant une agriculture durable et respectueuse de l’environnement.
Un champ témoin comme modèle de bonne pratique
L’un des temps forts de cette journée a été l’implantation d’un champ témoin sur le bassin versant de Mbing, en bordure de la rivière Keukok. Dans ce champ, des plants d’avocatiers, de citronnelle, de tomarillo et de raphia ont été mis en terre, suivant des techniques enseignées aux producteurs lors d’ateliers pratiques antérieurs. Les plants ont été semés le long des bandes anti-érosives précédemment réalisées.

Au sujet des bandes anti-érosives, les formateurs rappellent qu’elles fonctionnent comme des filtres qui ralentissent la vitesse des écoulements, provoquent une baisse de la compétence du ruissellement. Elles deviennent ainsi un réceptacle pour les matières organiques et permettent une infiltration croissante du ruissellement et, partant, une fertilisation continue des plants.Toujours en ce qui concerne la fertilisation, du compost de 21 jours, préparé selon une méthode biologique préalablement enseignée, a été utilisé comme engrais de fond. En plus de cette technique, les producteurs avaient été formés à la fabrication d’autres intrants naturels, renforçant ainsi leur autonomie et leur capacité à pratiquer une agriculture durable sans recours aux produits chimiques de synthèse.
Des plants remis aux producteurs
Les producteurs actifs et enregistrés ont reçu des plants des différentes spéculations utilisées dans le champ témoin, avec pour mission de les replanter sur leurs propres terres selon le même modèle. Cette approche participative garantit que la dynamique engagée se propage sur l’ensemble du territoire.
Une action saluée par la population
Très bien accueillie, l’initiative a suscité des témoignages de gratitude de la part des populations locales. Plusieurs habitants ont exprimé leur satisfaction face à un projet qui les implique concrètement dans la gestion durable de leur environnement.
« On s’est rendu compte que la saison sèche se prolonge et il fait de plus en plus chaud. Pendant la formation, on nous a expliqué que c’est à cause du changement climatique et avec le reboisement et l’adoption des techniques culturales biologiques, on peut régler la situation. Nous sommes contents que notre localité ait été choisie pour abriter ce projet et nous allons suivre toutes les indications pour réussir », déclare un producteur, enseignant émérite reconverti en agriculteur.
Des objectifs clairs et ambitieux
Au-delà de la simple reforestation, le projet poursuit plusieurs objectifs :
– Restauration des zones dégradées
– La lutte contre le changement climatique et la promotion de l’agro foresterie
– Promotion de l’agriculture biologique et durable
– Protection et gestion raisonnée des cours d’eau
– Sensibilisation des riverains et des jeunes
– Renforcement de la participation communautaire.
À travers cette action à Mbing, le projet démontre qu’il est possible d’allier écologie, développement agricole et responsabilisation communautaire.
Preston Kambou






