
Sur la côte du Cameroun, dans la ville balnéaire de Kribi, au lieu-dit le Grand Sablier de Mboa-Manga, une stèle solitaire fait face à l’océan. Haute comme une maison, effilée comme la proue d’une pirogue, elle garde le silence lourd d’une mémoire enfouie. Gravée dans du marbre, une simple inscription rappelle une page peu connue de l’histoire : la déportation du peuple Batanga, survenue entre 1915 et 1916, en pleine tourmente coloniale.

Ce mémorial, érigé là où les vagues ont emporté des milliers de vies, non oin du quai duquel des milliers de Batanga pris le chemin forcé de l’exil, il est un appel à se souvenir. Car cette déportation massive, orchestrée dans le tumulte de la Première Guerre mondiale, a marqué à jamais l’âme du peuple Batanga. Elle a donné naissance à une expression douloureuse, transmise de génération en génération : le chemin de Moliko. Synonyme plus vibrant de chemin de croix. Chemin de Moliko comme le chemin d’un exil imposé, de pertes irréparables et de souffrances taillées sur mesure pour satisfaire des intérêts allemands, français et britanniques.
Ce Mémorial construit au village du festival Mayi rappelle que l’histoire attend encore d’être entendue. Et surtout, partagée. Il crie le désir de faire bouger les choses, de se souvenir pour ne pas revivre les mêmes cruau.tés
Preston Kambou
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