
Célébrée sous le thème « Changement climatique, pharmacopée traditionnelle et art: la protection de la nature face au développement et ses conséquences sur la santé publique« , la troisième édition du Festival International Reconnection a servi a servi de Carrefour de rencontre entre plusieurs expressions artistiques, d’artistes d’horizons divers qui ont, comme une araignée qui tisse sa toile, fourni des fils pour tisser la grande toile de la protection de la vie via la préservation de l’environnement. De la musique à la danse en passant par les performances et les arts plastiques, le Public a été servi. Le dernier jour, la scène a été offerte à la compagnie Expression Mentale basée à Nanga Eboko, pour la performance « Mbunane Espo’art », l’espoir.

Dans cette pièce, les acteurs, un homme et une femme, arrivent pieds nus, le visage enduit d’une poudre blanche. La femme est vêtue de noir et porte à son bras droit un bracelet de cauris. L’homme lui, a au devant de sa tenue, le dessin de l’Afrique. En fond sonore, le son de la forêt, le souffle des ancêtres. La scénographie présente au centre une calebasse. L’homme use de sel pour tracer sur le sol la croix Ankh, croix de vie et hiéroglyphe qui selon certaines sources était utilisé(e) par les habitants de l’Égypte Antique pour symboliser la vie dans sa double consonance : terrestre qui connait un break avec la mort physique et celle d’après dans le royaume des esprits, car le séjour sur Terre ne représente pour l’Africain qu’une partie d’une vie éternelle plus grande. La croix est symbole de l’existence mortelle sur la Terre, et de l’existence immortelle dans l’après-vie.

L’homme porte entre ses mains un seau en plastique rempli de terre, dans lequel est planté un arbre sec et sur les branchages duquel flotte une feuille de papier format avec l’inscription : arrache une feuille. La femme qui précède l’homme sur la scène porte des gobelets en plastique et une brique de vin rouge. L’homme avance, suivi de la femme. Il s’arrête devant un spectateur au hasard et lui présente le seau et le format qui invite à arracher une feuille. Quand il s’exécute, la femme arrive, lui remet un gobelet et lui sert du vin. La scène se répète jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de verre.

Le message est il passé ? L’Homme s’est il rendu compte de l’impossibilité de trouver une feuille à arracher sur un arbre que ses actions ont contribué à assécher ? Difficile à dire. Tous, comme qui répondrait à une question rhétorique ont fait le geste d’arracher la feuille. Devant ce questionnement existentiel mais non verbal, l’Homme est tombé à la renverse. Cependant, et c’est certain, se voir devant cette injonction kafkaïenne « Arrache une feuille », sur un arbre sec, l’aura sûrement amené à s’interroger. Mais l’interrogation seule ne suffit pas. Il faut renouer avec la bonne pratique, celle du reboisement, de la reforestation. Il faut renouer avec la bonne pratique qui hier consistait à planter des arbres, à préserver la Nature.

On voit alors l’acteur revenir, cette fois chargé d’un arbre de paix frais qu’il transvaser d’un récipient en plastique vers la calebasse. Il fera ensuite un rituel pour rendre grâce aux ancêtres car le tort se doit d’être réparé sur toutes les dimensions.

Mbunane Espo’art invite au questionnement existentiel et épouse la profondeur de la démarche artistique de la Compagnie Expression Mentale qui travaille à étudier les causes de la déstructuration des sociétés actuelles afin de proposer ou suggérer une démarche logique. Mbunane Espo’art est une performance qu’il faut voir absolument. Si vous avez raté Dschang, retrouver la Compagnie au Festival Les Repares

Preston Kambou
Nous contacter au+237695521762





Lekeuka Chanceline Label
Magnifique
Preston Kambou
Merci