Bia So Mengong n’est pas juste un festival.

Mettre ensemble autant de personnes, solliciter tant de profils et d’énergies, viser la communion et bâtir un rêve commun… cela ne saurait se réduire au seul cadre d’un festival.

Bia So Mengong se positionne, de façon irrévocable, comme un projet avant-gardiste, un acte de rupture d’avec les initiatives autocentrées, repliées sur la mise en avant du moi. Il devient une école en plein air, un abbah mi koukouma, un haut lieu d’initiation dans la pure tradition des peuples de la forêt, dans la grande lignée de la pensée africaine, dans la logique mondialiste.

À l’heure où l’horloge décroche du temps les dernières heures avant le coup d’envoi, je repasse en silence le film des années précédentes. Je revois les artères de la randonnée, la richesse du tourisme, la spécificité du Tournoi de la Fraternité, l’ énergie des compétitions diverses, la dégustation des mets traditionnels, autant que la grande manifestation de la culture et des arts.

Reviennent à moi les images des peuples rassemblés, des festivaliers assis en cercle autour du feu lors du Grand Soir au village, la voix du conteur, harmonisée par le son rituel du mvet, le cri lointain du babouin qui s’encastre dans l’instant comme une note sauvage venue parfaire la symphonie.

J’ai encore sur la langue la saveur mythique du medim medzon, ce breuvage prisé des hommes, apprêté avec soin par les femmes, qui en sont tout autant les bénéficiaires. Le souvenir est dru — comme la verdure qu’il faut traverser pour arriver à Endam, chez le Prof, où les visites et les festivités ne connaissent jamais de trêve.

J’ai la mémoire tonique de ce temps pas si lointain, et pourtant déjà si plein de manque. La chaleur des poignées de main, la mélodie et la cadence des salutations, l’unicité des regroupements, la spontanéité des rencontres, des amitiés naissantes et des couples en devenir. Vacances en couleurs, vacances en chaleur, vacances en douceur.

Je n’ai pas oublié la grande rencontre intellectuelle autour du livre et du masque. Je n’ai pas perdu de vue la place accordée à l’entrepreneuriat, notamment lors de cet atelier du FNE sur la création d’emplois, axé cette année-là sur l’agri-business.

Il y a certes quelques plans qui m’échappent… Mais fort heureusement, cette année je suis mieux paré. Cette année, je sais que les concerts seront denses : Nyangono du Sud, Hen’s, Vanister, Donny El Wood, Koppo, Amina Pouloh, Blacky Star, Suzie l’Intouchable… autant de noms annoncés pour des concerts gratuits, et grandioses.

Cette année aussi, j’ai hâte de m’abreuver à la source du patriarche Ambroise Mbia, icône du théâtre, pilier des scènes, valeur sûre de la culture.

J’ai hâte d’être là, de découvrir les étoiles futures du chant choral, la lumière certaine du mannequinat. Il me hâte d’assister à la revanche tant annoncée d’un joueur de Songho sur son vis-à-vis, qui ne manque de rassurer ses fans : il n’a pas faibli.

J’en oublie certainement… Mais je sais que les enfants, eux, n’oublient pas que pendantnle Festival Bia So Mengong, l’émission Les Cop’s d’abord, c’est pour eux. Ils n’ont pas oublié non plus que The Belinga Foundation saisit toujours l’occasion pour leur offrir des cadeaux, mille attentions destinées à les encourager à miser davantage sur le chemin de l’éducation.

Je vous le rappelle, simplement pour rafraîchir les mémoires :
le festival se tiendra du 12 au 26 juillet 2025.

On s’y retrouve.

Preston Kambou

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