Mayo-Louti : Quarante ans d’histoire, aux portes du Tchad et du Nigéria

Créé en 1983, le département du Mayo-Louti souffle cette année ses 42 bougies. Issu du redécoupage de l’ancien département de la Bénoué – devenu entre-temps la Région du Nord – le Mayo-Louti incarne une histoire administrative en perpétuelle recomposition, un territoire stratégique, et un creuset de diversité humaine et culturelle.

Une géographie frontalière à fort enjeu

Avec ses 4 162 km², le Mayo-Louti occupe une position charnière. À l’est, il jouxte la République du Tchad, tandis qu’à l’ouest, il frôle la République fédérale du Nigéria. Cette situation transfrontalière en fait un couloir d’échanges, mais aussi un carrefour sensible en matière de sécurité, de migrations et de commerce. Au nord, il est bordé par les départements du Mayo-Tsanaga, du Diamaré et du Mayo-Kani, tous situés dans la région de l’Extrême-Nord, tandis qu’au sud, il conserve des liens administratifs avec son « département-mère », la Bénoué.

De la Bénoué au Mayo-Louti : une histoire administrative

Lorsque le décret présidentiel de 1983 redessine les contours de l’administration territoriale, c’est une nouvelle page qui s’ouvre pour le Nord-Cameroun. Le département de la Bénoué, alors unique entité, éclate en quatre nouveaux départements : Bénoué, Faro, Mayo-Louti et Mayo-Rey. Le Mayo-Louti, dont la création répond à une volonté de rapprochement de l’administration des populations, est alors mis sur pied.

42 ans, 16 préfets : un département en mouvement

Depuis sa création, 15 préfets se sont succédé à la tête du département. Un chiffre qui témoigne à la fois du rythme administratif soutenu et de la complexité de la gouvernance dans cette zone hautement stratégique. Le 16e Préfet, Tam Likeng, prendra prochainement ses fonctions. Une passation de commandement qui s’annonce comme une opportunité pour revisiter les enjeux du territoire, entre défis sécuritaires, développement local, et intégration sous-régionale. On notera que Tam Likeng n’est pas nouveau dans le paysage septentrional du pays. Avant la Mvila où il a passé le commandement tout récemment, cet administrateur civil principal avait déjà servi dans le Mayo Tsanaga, un département hautement stratégique lui aussi et frontalier avec le Nigéria.

Quelles perspectives pour demain ?

À l’heure où la décentralisation bat son plein et où les collectivités territoriales cherchent à se réinventer, le Mayo-Louti pourrait bien devenir un pôle de stabilité et d’innovation locale, à condition que les enjeux de gouvernance, d’infrastructures, de sécurité et d’inclusion soient pris à bras-le-corps.

Preston Kambou

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