Bia So Mengong, consacre la veille initiatique

Unité et diversité est le thème de la 3e édition du festival Bia So Mengong qui se déroule ce mois de juillet 2024 à Mengong. Il offre un échantillon d’activités que l’on peut regrouper autour des pôles art et culture, économique, éducation, sport, gastronomie… Après le lancement au stade de la Cocam avec une parade qui a reçu l’appréciation de tous, la deuxième journée offre une autre pallette d’activités d’animation et de culture dont le point culminant est le soir au village.

Ce soir du 15 Juillet, le décor seul suffit à annoncer aux festivaliers que le visible et l’invisible se côtoient se nourrir et d’enrichir mutuellement. Les festivaliers sont invités à quitter le manteau du tout rationnel pour se laisser vêtir de naturel de la vie tout court. Les portes du Monde Secret auquel seuls les initiés peuvent vous donner accès vont s’ouvrir pour laisser s’échapper un pan des savoirs multiséculaires de l’Être Bantu. Reconnecter l’humain à l’humanité, frayer le chemin de la reconquête d’une identité aujourd’hui en perte de vitesse est le but ultime.

Au village du festival Bia So Mengong ce soir l’heure est au sacré. Le DJ a reçu l’ordre de couper le son . Le vent qui souffle constitue le fond sonore idéal. Le bruit du monde s’intègre allègrement au son de la forêt équatoriale pour créer une chorale bucolique utile au renforcement du côté gothique du décor.
Ce soir, on le pressent , les secrets les plus cachés de la forêt vont fleurir sur le verbe méticuleux du sage. La haie de barbe blanche qui encadre la source intarissable de la sagesse qu’est sa bouche, a l’air plus blanche, plus noble, plus mystérieuse que d’ordinaire.
Les femmes, vêtues de leurs tenues pagne entrent en scène. Elles ont chacune la tête ceinte d’une couronne de feuilles sèches de bananier et les hanches entourés d’une sorte de collier dans la même matière.
Elles entonnent des chants patrimoniaux pour annoncer la profondeur de l’activité à venir.
Les percussionnistes jouent un air de circonstance. La mélodie est gaie et triste en même temps. L’atmosphère est lourde, comme si Dieu avait retenu son souffle. Le temps d’un instant, les badeaux gardent silence: c’est le soir au village.
Sons sélectifs, vibrations uniques. Les festivaliers sont installés en spirale autour du feu de bois qui mijote au centre. En sirotant du vin de palme, ils attendent de se délecter des mots, d’en croquer les lettres pour en savourer la sève. C’est le soir au village, c’est le passage obligé vers le retour aux fondamentaux.

L’assistance comment à voix basse les activités de la journée et celle de la veille. Les visiteurs venus des États Unis et d’autres pays occidentaux sont médusés par tant de talents réunis, tant de propositions créatives et collaboratives réunis dans un si petit espace : Mengong Gets talent peut on entendre dire.
Le festival est le prétexte trouvé pour favoriser la mise en commun de la jeune génération et de celle des anciens pour promouvoir la transmission, l’éducation suivant les codes traditionnels. L’heure est à la transmission au rythme des sons de la forêt. Le village du festival offre à voir un foison d’activités économiques :
Les mets aux recettes jalousement gardées sont offerts à déguster, Le Medim Medzon est disposé, le vendeur du Bandja, un poisson assaisonné d’un ensemble d’épices et très pimenté, fait bonne affaire. Plus loin, les tenanciers des stands de boissons servent, perçoivent leur dû, débarrassent. Même les plus jeunes sont affairés: qui avec un plateau de beignets, qui avec un sceau de folere, c’est à qui mieux mieux que les bambins se meuvent. Le commerce se fait et on peut dire qu’il se fait bien.
Bia So Mengong ce festival porté par la Belinga Foundation tout en visant l’unité dans la plus grande diversité, se positionne comme un moyen d’animation socio-culturelle et socio économique d’envergure.

Un moment passe, le feu continue de mijoter. Les danseuses ont rejoint la scène depuis tout à l’heure et se meuvent comme si elles étaient en transe. La sueur sur leurs visages les rend plus lumineux dans le reflet de la lumière.
Un instant et le chef se lève. Muni de son chasse-mouche et accompagné d’un notable, il marche dans le rond central en faisant des figures spécifiques. Chaque pas est mesuré, orienté. Chaque geste qu’il fait avec le chasse-mouche aussi. L’assistance est debout. Il s’arrête au bout d’un temps et son notable engage la prière que l’assistance dit en chœur.

La suite est faite de danses, de chants, de performance. Le temps du proverbe ne tarde pas à arriver avec son lot de sagesse et son enseignement sur le savoir-vivre.
Cette partie dédiée aux cultures et traditions s’achève par une visite du stand gastronomique pour déguster les mets traditionnels. Le couple Belinga est présent et prend plaisir à participer. La deuxième partie de la soirée est récréative et animée par les jeunes. Elle donne lieu à des interprétations diverses. La soirée est belle, animée. Elle annonce des lendemains encore plus mouvementés dans ce Festival qui encore une belle dizaine de jours devant lui

Preston Kambou,

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