Nous multiplions les nano-initiatives sans impact, nous dilapidons les énergies et les génies. «

Je l’ai découvert seulement à la faveur du lancement de l’initiative MANSSAH. Dans sa prise de position très terre à terre, il m’a subjugué, conquis : réveillé d’un long sommeil. Je l’ai entendu dire que l’école en Afrique n’était au fond qu’une distraction destinée à orienter les élèves vers tout, sauf vers l’essentiel. Ey don analyse sur l’exploitation de nos forêts, notamment de notre bois dont les seules, bien exploitées, pourraient rapporter beaucoup plus que toutes ces billes de bois qu’on vend à des prix qui bien regardés ne sont que des insultes. Lii c’est Serges Njidjou , un inventeur, enseignant, chercheur et surtout veilleur de conscience. Je le suis désormais assidûment sur Facebook et croyez moi, il en jette. Ce matin, je voudrais partager avec vous l’une de ses réflexions sur le développement économique.
« L’émiettement, notre cancer économique
Nous nous noyons dans nos propres fragments.
Pendant que les géants mondiaux agrègent, consolident et dominent, nous restons prisonniers d’un émiettement destructeur qui tue notre potentiel dans l’œuf.
LE CONSTAT EST BRUTAL
Nos transmissions sont des hémorragies. Chaque génération d’entrepreneurs emporte avec elle son savoir, ses réseaux, son capital. Les familles se déchirent sur les héritages, les visionnaires disparaissent sans laisser de structures pérennes. Résultat ? Nous recommençons éternellement à zéro.
Nos entreprises vivent en vase clos. Pas de rachats stratégiques, pas d’agrégation, pas même de coopératives dignes de ce nom. Chacun campe sur son pré carré de 2 hectares pendant que nos concurrents bâtissent des empires.
Nos marchés sont des confettis. Balkanisés par des frontières mentales, étouffés par des barrières administratives fantaisistes. Comment créer de la valeur à l’échelle quand on pense encore village ?
Nos dispositifs publics sont un labyrinthe. Une galaxie d’initiatives dispersées dans quinze ministères différents, sans vision d’ensemble, sans trajectoire claire. L’entrepreneuriat soutenu à coups de saupoudrage stérile.
PENDANT CE TEMPS, LE MONDE AVANCE
Les cycles technologiques s’accélèrent. La concurrence se mondialise. Les capitaux se concentrent. Et nous ? Nous multiplions les nano-initiatives sans impact, nous dilapidons les énergies et les génies.
Cette fragmentation n’est plus un luxe que nous pouvons nous offrir.
IL FAUT CHANGER DE PARADIGME
STRUCTURER nos écosystèmes au lieu de les éparpiller.
AGRÉGER nos forces au lieu de les diviser.
CAPITALISER sur nos succès au lieu de les laisser mourir.
PENSER PUISSANCE au lieu de penser survie.
L’heure n’est plus aux demi-mesures. Soit nous apprenons à faire masse, soit nous disparaissons dans l’insignifiance de nos querelles de clocher.
Le génie existe. L’énergie existe. Il nous manque juste l’intelligence collective pour les fédérer.
Il est temps de passer de la multiplication des initiatives à la démultiplication de leur impact. Il est temps de grandir ensemble.
Serges Njidjou





