
« Cultivez la Tolérance et l’Acceptation de l’autre dans sa différence pour promouvoir et consolider le vivre-ensemble qui vous caractérise deja, et pour poursuivre le chantier du développement amorcé et dans lequel nous ne cesserons de vous accompagner.« C’est par cette recommandation ultime que le Préfet de la Mvila Tam Likeng Richard Marcel, conclut son allocution à la place de l’unité de Mvangan ce 11 Juillet 2024.
L’Administrateur Civil Principal boucle ainsi deux jours d’une tournée de prise de contact qui lui aura permis d’arpenter les coins et recoins de cet arrondissement fort de 53 villages regroupés dans les groupements Bulu Fang et Bulu Est.
Niché au coeur de la forêt équatoriale, cet arrondissement, qui selon le Préfet constitue la mamelle nourricière de la Mvila, a ceci de particulier qu’il partage une frontière commune avec la République du Gabon sur près de 40 kilomètres. Le dépositaire de l’autorité de l’État, dans l’approche parcipative et l’écoute très attentive qu’on lui connaît, aura donné la parole à chacun des administrés pour qu’il pose sa question ou fasse une suggestion. Dans des séances de travail qui sont souvent allées jusqu’à 1 h du matin comme à Ekowong dans le Groupement Bulu Fang. La tournée du Préfet Tam l’a conduit à Endengue, à Ekowong, à la sous préfecture de Mvangan, à l’hôtel de Ville mais aussi sur les installations de l’entreprise Huguette Forestière. Mais plus que tout, M Tam Likeng et sa suite ont vécu pendant deux jours les réalités profondes de cette Commune, dont les populations, tout en remerciant les pouvoirs publics pour les efforts consentis, ne manquent pas de lancer un SOS.
Mvangan, une Commune coupée du Monde?
Nous voulons aussi entrer dans la modernité à Mvangan«
Maire MINSILI EBA Thomas, Mvangan
Mvangan affiche l’allure d’une Commune dans laquelle le désir de développement anime le chef de l’exécutif et les membres de l’élite. On le voit à travers divers édifices qui sortent de terre, à l’exemple du nouvel hôtel de ville et des locaux de l’actuelle Sous-préfecture. Mais ces efforts semblent fragilisés par l’absence d’un ensemble de commodités de la modernité. Pour juguler celà le Maire MINSILI EBA Thomas porte les préoccupations de sa population à l’endroit de la tutelle : « S’agissant des doléances, c’est les problèmes de routes, les problèmes d’électricité, de téléphonie rurale, les problèmes de connexion: parce qu’aujourd’hui si on n’a pas ces outils là, on n’est pas un homme moderne. Or nous voulons aussi entrer dans la modernité à Mvangan. Il y a certaines choses qui sont faites, mais je me dis que si on y ajoute celles que je viens de citer, ça pourra mettre les populations de Mvangan plus à l’aise. » On notera fort à propos qu’ici, le problème de routes affecte les populations à tel point qu’elles se sentent comme oubliées. Comme l’a déclaré un riverain à Endengue, les coûts de transports sont asphyxiants. » Partant d’Edengue jusqu’à Sangmelima c’est 48 kilomètres, on paie 5000frs. Ako’obete-Sangmelima 51 kilomètres, on paie 7000frs; d’Oveng à Sangmelima c’est 80 kilomètres, on paie 10.000frs ainsi de suite. C’est très impossible et ce n’est vraiment pas satisfaisant pour nous. »
À ces cris divers, le Préfet Tam Likeng est sensible et on peut le voir aussi bien à la qualité de l’écoute présentée, qu’à la quantité de notes qu’il prend. Il fait la promesse de donner le meilleur de lui-même pour aider à résorber ces difficultés.
Mvangan fait encore face à beaucoup de difficultés et c’est ce pourquoi nous sommes venus
Le Préfet dans l’interview qu’il accorde aux médias traduit en mot la qualité de l’administrateur de terrain qu’il aura toujours été finalement. Il est tout à tout pédagogie, politologue, géographe et géostratège.
« Niché en pleine forêt équatoriale, l’arrondissement de Mvangan est gigantesque , très grande de par sa superficie, mais également par la qualité des richesses et des potentialités que nous avons pu déceler ici. Nous avons un grand massif forestier, plusieurs peuplades, regroupés en 53 villages et deux groupements : notamment celui de Bulu Est et celui de Bulu Fang. Nous nous sommes également aperçu que cet arrondissement est stratégiquement placé, parce qu’il est frontalier à la République sœur du Gabon. C’est un arrondissement, qui pour nous, mériterait beaucoup plus d’attention au regard de sa situation géographique qui en fait un arrondissement Carrefour situé à la croisée des chemins de plusieurs autres arrondissements, et de sa bande frontalière avec l’un des districts du Gabon. Mvangan est actuellement en plein essor. Son développement a été amorcé par les pouvoirs publics et par la Commune de Mvangan qui essaie de se battre pour pouvoir sortir son territoire de l’ornière. Nous avons pu voir les chantiers qui ont été menés ici par l’État, mais également par la Commune. C’est l’exemple de l’hôtel de ville de Mvangan qui donne une autre allure architecturale à la ville, du bâtiment flambant neuf de la sous-préfecture et d’autres belles constructions que nous avons pu voir. Mais Mvangan fait encore face à beaucoup de difficultés et c’est ce pourquoi nous sommes venus ici, à l’effet de rendre compte à la hiérarchie de toutes les sollicitations relatives aux besoins vitaux, relatives à la réduction de la pénibilité, des difficultés des populations et relatives à l’amélioration des conditions de vie de nos populations. Ces problèmes que nous avons pu relever sont de l’ordre des infrastructures sociales, de l’eau qui ne se retrouve pas encore dans toutes les communautés, de l’électricité qui tarde à arriver, surtout qu’avec la ligne qui venait de Sangmelima, Mvangan connait beaucoup de problèmes énergétiques, ce qui peut freiner l’essor et le développement socioéconomique de cet arrondissement. Nous allons nous mettre ensemble avec la Commune, avec l’État central, avec également nos différents sectoriels pour mieux porter les projets maturés de Mvangan pour que d’ici quelques temps, les problèmes qui ont été évoqués, soient considérablement résorbés. Nous saisissons cette occasion pour inviter les filles et fils de Mvangan, les membres l’élite Mvangan, à venir contribuer au développement de Mvangan. »
Le Préfet Tam Likeng Richard Marcel quitte Mvangan en laissant de lui l’image d’un administrateur ouvert et disponible, que le Maire de Mvangan qualifie d’ailleurs de » quelqu’un d’ouvert » et de » vrai pédagogue qui a beaucoup apporté à nos populations ».
Il est un peu plus de 22h quand le cortège du Préfet ébranle les ténèbres de la nuit pour se frayer un chemin sur la route de terre encadrée de chaque côté par une haie vive de forêt équatoriale, qui conduit à Ebolowa, la cité capitale du Sud.
Preston Kambou,
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