
Mengong, 18 juillet 2025. La lumière du jour naissant arrive comme un faisceau lumineux dans une caverne. Troisième jour sans électricité et toujours pas d’information sur l’avancée de la situation. Depuis la nuit du 15 au 16 juillet, l’arrondissement est plongé dans une obscurité persistante, sans aucun préavis ni explication officielle. Et pourtant, le Festival Bia So Mengong, lui, continue de battre son plein. Une contradiction saisissante : des rues et un village du festival noirs de monde, mais une ville privée de lumière.

Le délestage a sérieusement perturbé les activités prévues en soirée, notamment le 16 juillet. Si en journée, le groupe Kalangou, venu de Tibati, et les femmes de Ndoungou ont su électriser l’ambiance, l’absence d’électricité a fini par étouffer les festivités nocturnes.


Coup dur pour le public : DJ Lexus et Les Kankans Boys, très attendus, n’ont finalement pas pu monter sur scène. En cause : pas assez d’énergie pour alimenter la scène. Déception amère, d’autant plus que les organisateurs avaient tout misé sur cette programmation.

Mais le festival résiste. Malgré les frais imprévus liés à la location de groupes électrogènes et leur ravitaillement en carburant, la journée du 17 juillet a pu dérouler son programme. Lancement du tournoi de football féminin, shooting des candidates au concours Miss Mengong, et surtout, la prestation de deux artistes majeurs : Hen’s et Suzy l’Intouchable.

Là encore, les retours sont partagés. Suzy a livré un show mémorable, ovationnée par un public conquis. Hen’s, en revanche, a laissé un goût d’inachevé. À peine trois chansons, dont deux seulement de son répertoire, avant de quitter la scène sans un mot. « Je suis venue de Mbalmayo pour ça ? Même pas sa chanson avec Cysoul ? » fulmine Meriline, fan déçue.

Et pendant que les projecteurs s’éteignent, les groupes électrogènes, eux, tournent à plein régime. Le « village du festival » est devenu un refuge lumineux pour les habitants du coin, qui y affluent pour charger leurs téléphones et respirer un peu d’ambiance.

Malgré tout, la fête continue. Résiliente. Vivante. Mais il faut bien le dire : le vrai opposant du festival, ce n’est ni la pluie ni les critiques – c’est la compagnie d’électricité. Et tant qu’elle campe dans son silence, Mengong, lui, vacille entre célébration et frustration.
Preston Kambou






